« Ça canardait dans tous les sens, on a dû se mettre à plat ventre » : deux cueilleurs de champignons toulonnais piégés en pleine battue aux sangliers

Vous partez chercher quelques champignons, l’air frais du matin, le silence de la forêt… et soudain, des coups de feu qui éclatent tout autour de vous. Le cœur qui s’emballe, le sol froid sous le ventre, et cette pensée qui traverse l’esprit : « Là, cela peut vraiment mal finir. »

Cette scène, deux cueilleurs toulonnais l’ont vécue de très près, en pleine forêt du Var. Leur mésaventure montre une chose essentielle : la forêt n’est pas qu’un espace de balade, c’est aussi un lieu de chasse, parfois très fréquenté. Alors, comment éviter de se retrouver, comme eux, au milieu d’une battue aux sangliers ?

Un matin comme les autres… jusqu’aux premiers coups de feu

Ce jour-là, au lever du jour, deux amis quittent Toulon pour rejoindre la forêt du Dom, sur les hauteurs de Bormes-les-Mimosas. Leur objectif est simple : profiter des dernières chanterelles de la saison, en plein mois de janvier. Ils connaissent bien ces bois, réputés pour les champignons, et partent comme d’habitude, tôt, avant l’affluence.

Ils marchent, s’enfoncent dans les sous-bois, scrutent le sol. L’atmosphère est calme, presque ouatée. Puis, d’un coup, le calme vole en éclats. Des détonations retentissent. Une fois, deux fois, puis en rafales, de différents côtés. Autour d’eux, cela « canarde ». Ils comprennent qu’ils sont au milieu d’une battue aux sangliers.

Plaqués au sol, ils se mettent à hurler « champignons, champignons ! » pour signaler leur présence. Une réaction instinctive, presque désespérée. Dans un tel moment, on saisit soudain à quel point la confusion entre un animal et un promeneur, au loin, peut avoir des conséquences dramatiques.

Le traumatisme en tête : quand la chasse tourne au drame

Si la peur les prend si violemment, ce n’est pas un hasard. Quelques semaines plus tôt, dans la même région, un autre cueilleur de champignons a été grièvement blessé. Une balle tirée par un chasseur, et une jambe amputée. De quoi marquer les esprits.

Avec ce souvenir encore tout frais, entendre les balles claquer au-dessus de soi n’a plus rien d’un simple « coup de stress ». On pense à sa famille, à l’hôpital, aux accidents bêtes qui changent une vie. Et l’on se demande, très franchement : que fait-on, là, au milieu ?

Selon l’un des deux cueilleurs, ils n’avaient vu ni panneaux annonçant une battue, ni rangées de voitures qui auraient pu les alerter. Ils sont arrivés bien avant les chasseurs, vers l’aube, alors que la battue ne semble s’être mise en place qu’aux alentours de 8 h 30. Résultat : deux mondes qui se croisent sans se voir.

Chasseurs et promeneurs : une cohabitation encore trop fragile

Sur le papier, la cohabitation est claire. Il existe une réglementation, des jours de chasse, des battues déclarées, des zones balisées. Dans la réalité, c’est parfois plus flou. Un sentier non barré, un panneau manquant, un groupe qui démarre la battue alors que des promeneurs sont déjà loin dans la forêt.

Les deux amis affirment être habituellement très prudents. Quand ils croisent un panneau, ils font demi-tour. Ils portent des vêtements fluorescents même lorsqu’ils pensent être seuls. Pourtant, ce jour-là, toutes ces précautions ne suffisent pas. Ils se retrouvent quand même en plein milieu de l’action.

Le plus surprenant, c’est que malgré la frayeur, ils ne veulent pas faire des chasseurs des ennemis. Une fois la tension retombée, ils discutent, comparent leurs pratiques, montrent leurs champignons. Ils boivent même un verre ensemble. Comme si, au fond, chacun savait qu’il partage le même terrain mais pas les mêmes réflexes.

Comment éviter de se retrouver en plein milieu d’une battue ?

La question est simple : que pouvez-vous faire, concrètement, pour limiter au maximum ce type de situation si vous aimez la cueillette, la randonnée ou la simple balade en forêt ?

1. S’informer avant de partir

  • Appeler la gendarmerie locale la veille ou le matin même pour demander s’il y a des battues programmées dans le secteur visé.
  • Consulter, quand c’est possible, le site internet de la mairie ou de la préfecture, où certaines battues sont annoncées.
  • En cas de doute, privilégier une autre zone de promenade ou des horaires en dehors des pics de chasse (par exemple en milieu d’après-midi).

2. Être clairement visible

  • Porter un gilet fluorescent type gilet de sécurité voiture, bien fermé, par-dessus la veste.
  • Choisir des couleurs vives : orange, jaune, rouge, évitez absolument le vert foncé, le marron, le noir.
  • Pour les enfants, ajouter une casquette ou un bonnet fluo, voire un brassard réfléchissant.

3. Adopter les bons réflexes sur place

  • Repérer dès l’arrivée les panneaux de battue, même s’ils semblent un peu éloignés du sentier principal.
  • Si vous entendez des chiens, des coups de feu répétés ou des voix de chasseurs, faites demi-tour sans hésiter.
  • En cas de doute, parlez avec le premier chasseur croisé pour connaître leurs zones de tir et adapter votre trajet.

Et si vous tombez quand même sur une battue en cours ?

Comme l’ont vécu les deux cueilleurs toulonnais, il peut arriver que vous soyez surpris par des tirs alors que vous êtes déjà bien engagés dans la forêt. Même si chaque cas est particulier, quelques réflexes peuvent limiter les risques.

  • Ne pas courir dans tous les sens. Restez groupé, baissez-vous et faites-vous remarquer par la voix.
  • Crier clairement que vous êtes des promeneurs ou des cueilleurs. Le but est de ne laisser aucun doute sur votre présence humaine.
  • Si possible, rejoignez un chemin large ou une zone dégagée, plus visible depuis les postes de tir.
  • Une fois en sécurité, échangez calmement avec les organisateurs de la battue pour signaler le problème de signalisation.

Vers une culture commune de la sécurité en forêt

Ce qui ressort de cette histoire, c’est un mélange de peur intense sur le moment et de compréhension ensuite. Les cueilleurs ont eu la frayeur de leur vie, mais ils reconnaissent aussi que les chasseurs se sont montrés cordiaux une fois la situation éclaircie.

La forêt reste un espace partagé. Il y a les chasseurs, les cueilleurs de champignons, les randonneurs, les familles qui se promènent. Chacun a ses habitudes, ses horaires, ses codes. Pourtant, tout le monde dépend d’une même chose : que les règles et les précautions soient prises au sérieux.

Avec quelques gestes simples, un coup de fil avant de partir, un gilet fluo glissé dans le sac à dos, un regard attentif aux panneaux, vous réduisez déjà fortement le risque. Et vous pouvez continuer à profiter de l’odeur de l’humus, du bruit des feuilles sous les pas, et de la joie de trouver une belle chanterelle… sans avoir à vous coucher à plat ventre au milieu des balles.

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Auteur/autrice

  • Consultant·e SEO passionné·e de gastronomie, Camille Vasseur accompagne depuis dix ans de grands sites culinaires et lifestyle en France. Spécialisé·e dans le référencement et l’optimisation de contenus, Camille aime lier découverte des saveurs, voyage et partage d’astuces maison. Avec une veille constante sur les tendances alimentaires, les destinations gourmandes et l’actualité du secteur, Camille contribue à Pizza Leo pour offrir aux lecteurs une expérience riche, authentique et toujours bien positionnée sur Google.

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