Physical Address
304 North Cardinal St.
Dorchester Center, MA 02124
Physical Address
304 North Cardinal St.
Dorchester Center, MA 02124

Et si un simple plat de lentilles pouvait changer votre année, ou au moins la placer sous le signe de l’abondance et de la douceur ? En Italie, ce n’est pas qu’une jolie idée, c’est un vrai rituel de Nouvel An. Et le chef Denny Imbroisi, installé à Paris mais très attaché à ses racines calabraises, en a fait un moment à part, à la fois réconfortant, convivial… et, dit‑on, porte‑bonheur.
En Italie, le 1er janvier ne commence pas sans une assiette fumante de lentilles du Nouvel An. Ce plat simple a une symbolique très forte. Chaque petite graine ronde évoque une pièce de monnaie. L’idée est claire : plus vous en mangez, plus vous attirez la prospérité pour l’année qui commence.
La tradition remonte à l’époque romaine. On offrait alors une petite bourse en cuir, la scarsella, remplie de lentilles. Le souhait était qu’elles se transforment en pièces d’or. Avec le temps, la bourse a quitté les mains pour arriver dans l’assiette. Aujourd’hui, on sert les lentilles bien chaudes, souvent avec une grosse saucisse de porc, type cotechino ou zampone, surtout dans le nord de l’Italie.
En Calabre, comme dans beaucoup de régions italiennes, on mange ce plat juste après minuit. Une coupe de champagne ou de prosecco dans une main, une cuillerée de lentilles dans l’autre. Un geste simple, presque discret, mais que l’on répète d’année en année, comme un petit contrat avec la chance.
Denny Imbroisi a grandi avec ce rituel. Dans son livre Cucina di famiglia, il raconte ces 1er janvier où la table se remplit de vapeur, de parfums de légumes et d’herbes, tandis que la famille se souhaite la bonne année. Pour lui, ce plat est à la fois un symbole de richesse et un vrai plat de cœur.
Ce qui frappe dans sa version, c’est sa simplicité. Pas besoin de techniques compliquées ni d’ingrédients introuvables. Il propose une recette familiale, pensée pour être réalisée facilement à la maison. Vous pouvez la préparer pour un grand repas de Nouvel An, mais aussi pour un dîner d’hiver réconfortant. Avec ou sans croyance, cela reste un excellent plat de lentilles mijotées.
Pour servir 4 personnes, il vous faut :
Le temps de préparation est d’environ 15 minutes. La cuisson prend autour d’1 heure à 1 h 10. C’est un plat qui mijote doucement. Idéal quand l’atmosphère se calme après les douze coups de minuit.
Pour que les lentilles soient fondantes mais se tiennent encore, il suffit de suivre quelques étapes simples. Voici le déroulé.
Commencez par éplucher l’oignon, les carottes et l’ail. Rincez le céleri. Émincez finement l’oignon. Coupez les carottes et le céleri en petits dés réguliers. Hachez les gousses d’ail.
Dans une grande cocotte, versez les 2 cuillères à soupe d’huile d’olive. Faites chauffer à feu moyen. Ajoutez l’oignon, les carottes, le céleri et l’ail. Faites revenir 5 à 7 minutes en remuant souvent. Les légumes doivent légèrement colorer et dégager un parfum doux, presque sucré.
Versez les 20 cl de vin blanc dans la cocotte. Grattez bien le fond avec une cuillère en bois pour récupérer les sucs de cuisson. Laissez réduire environ 5 minutes, le temps que l’alcool s’évapore et que le liquide diminue.
Rincez rapidement les lentilles sous l’eau froide. Ajoutez‑les ensuite dans la cocotte. Glissez la feuille de laurier et la branche de romarin. Couvrez avec environ 1 litre d’eau. Les lentilles doivent être largement immergées.
Portez à frémissement puis baissez le feu. Laissez mijoter 40 à 45 minutes à feu doux. Remuez de temps en temps. Si l’eau s’évapore trop vite, ajoutez un peu d’eau chaude en cours de cuisson. À la fin, les lentilles doivent être tendres, entourées d’une sauce onctueuse, ni trop liquide ni sèche.
Quand les lentilles sont presque prêtes, salez et poivrez à votre goût. Retirez la feuille de laurier et la branche de romarin pour ne garder que les arômes.
Coupez le cotechino déjà cuit en tranches épaisses. Glissez délicatement ces tranches dans la cocotte, sur les lentilles. Laissez réchauffer quelques minutes à feu très doux, juste le temps que la saucisse soit bien chaude et que les saveurs se mélangent.
Pour respecter la tradition italienne, servez les lentilles du Nouvel An très chaudes, idéalement après minuit. Utilisez des assiettes préchauffées si possible. Disposez une belle couche de lentilles au fond de l’assiette, puis quelques rondelles de cotechino par‑dessus.
À côté, une flûte de champagne, de prosecco ou de vin pétillant complète le rituel. Le contraste entre le crémeux des lentilles, le gras parfumé de la saucisse et les bulles légères crée un moment très particulier. C’est à la fois rustique et festif. Familial et symbolique.
Si vous préférez un service plus convivial, vous pouvez aussi poser la cocotte directement au centre de la table, avec le cotechino déjà tranché. Chacun se sert, discute, rit, et la tradition se transmet naturellement, sans grands discours.
Vous n’aimez pas le cotechino ou vous avez des invités qui ne mangent pas de porc ? Il est tout à fait possible d’adapter ce plat. L’essentiel, pour garder le symbole de prospérité, ce sont les lentilles elles‑mêmes.
Le chef Denny Imbroisi aime aussi proposer d’autres plats de tradition italienne à côté, comme une belle polenta crémeuse. Il suggère par exemple de la cuire dans un mélange de 750 ml d’eau et 250 ml de lait pour plus de douceur. Et de remplacer le beurre par 100 g de gorgonzola. Résultat : une polenta très onctueuse, avec du caractère et un goût marqué. Parfaite pour accompagner les lentilles ou pour un autre repas de fête.
Manger des lentilles au Nouvel An ne garantit évidemment pas que votre compte en banque explose. Mais ce rituel italien a quelque chose de précieux. Il crée un moment de partage, un peu de lenteur au milieu du tumulte des fêtes, et une occasion de se souhaiter le meilleur de façon concrète.
Alors, pourquoi ne pas adopter à votre tour ce plat de lentilles porte‑bonheur ? Vous préparez une cocotte, vous réunissez vos proches, vous levez votre verre, et vous commencez l’année avec un symbole de prospérité, de chaleur et de générosité. Et cela, finalement, vaut déjà beaucoup.